Parole de jardinier

Accueil / Parole de jardinier

Mauvaises herbes, vous avez dit mauvaises ?

Pour ton bon jardinier qui se respecte, la plante qui ne se trouve pas à la bonne place se fait traiter de « mauvaise herbe ». Pourquoi mauvaise ? Parce qu’elle profite de notre travail pour se développer encore plus vite au détriment de nos fleurs et légumes.

 

 

 

Il faudrait pouvoir les déprogrammer, car la nature les a doté d’un logiciel de vainqueur. Nos pauvres plantes sont des amatrices face à ces rouleaux compresseurs.

Imaginez : le mouron à un cycle de seulement sept semaines et peut donner jusqu’à 15 millions de plantes par an.

Le jour où nous pourrons les dresser n’est pas encore arrivé, pourtant j’aimerai bien être le jardinier qui « murmure à l’oreille des mauvaises herbes »

Mais que savez-vous réellement de ces envahisseuses ?

Voici quelques raisons de ne pas les éradiquer :

Elles augmentent la diversité, renseignent sur la nature et la qualité du sol, forment une couverture protectrice du sol, améliorent la structure du sol, fournissent du nectar aux papillons  aux abeilles et autres syrphes, nourrissent les coléoptères, et … décorent.

 

« Qu’est-ce donc qu‘une mauvaise herbe, sinon une plante dont on n’a pas encore découvert les vertus ? » (Emerson)

Je suis sûr que maintenant vous réfléchirez bien avant d’arracher votre prochaine mauvaise herbe.

 

Lire la suite

Que l’on soit jardinier ou non, la météo reste un sujet de discussion de haute importance. Mais pour nous jardiniers, cela devient un sujet de préoccupation permanent : gelée tardive, canicule, sécheresse etc… sont des calamités redoutées qui nous font oublier  les bons moments passés dans nos jardins comme les belles journées de printemps, les petites pluies bienfaisantes, les belles lumières d’automne etc…, où nous travaillons le cœur guilleret. Mais voilà que le climat changerait ? Nos jardins sont-ils le reflet de ce changement irrémédiable que les scientifiques nous annoncent ?

Mon grand-père cultivait choux, carottes, poireaux, pommes de terre et bien que ces légumes soient toujours appréciés aujourd’hui, nous avons  vu apparaître dans nos jardins, courgettes, concombres, patates douces et poivrons. L’évolution s’est faite sans que l’on s’en aperçoive vraiment et de plus, nous importons des plantes du monde entier, celles-ci n’étant pas toujours adaptées à notre climat, mais celui-ci deviendra peut-être demain leur climat.

Mon grand-père pestait contre les doryphores, les pucerons, les piérides, et autres indésirables. Aujourd’hui, s’il était encore là, je lui parlerai en plus de la pyrale du buis, de la mouche suzukii, du frelon asiatique, du hanneton japonais, du capricorne asiatique, de la mineuse du poireau et de la punaise diabolique.

S’adapter est devenu le maître mot du jardinier du XXIème siècle.

En conclusion, je vous laisse méditer cette phrase de Gilles Clément :

« Le jardin ne s’enseigne pas, il est l’enseignant ».

 

Lire la suite

La végéculture-horticulture en forêt annonce la révolution agricole néolithique. Cette révolution, vieille de dix mille ans, passe par la domestication des céréales. Elle marque une étape décisive dans le rapport de l’homme au monde. Abandonnant le nomadisme pour surveiller ses récoltes, il adopte l’état grégaire. Un geste signale cette révolution: semer. Planter des graines, c’est refuser les hasards du ramassage. Cela suppose également un projet organisé dans le temps astral, qui tient compte des conditions climatiques. Voilà notre voleur de pommes devenu créateur. Ainsi, par son travail sur les plantes, l’homme embrasse le ciel et la terre et se fait le maître des éléments. Paradis en persan se dit perdaz, ce qui signifie « enclos ». Lieu de paradis, le jardin est séparé du monde sauvage. Car cette abondance, résultat d’un travail et d’une connaissance, il faut la protéger. Le jardin est en somme un résumé du rapport de l’homme au monde. Un espace miniature retranché de l’univers. Travaillé par la main de l’homme, il devient une image idéalisée du macrocosme. Toutes les civilisations considèrent le jardin comme symbole du dialogue entre l’homme et l’univers.

Tiré de « Envies de jardin » Franck Chauvet et Hélène Lanscotte septembre/2000 ed. Sandra Berthe

Lire la suite