Parole de jardinier

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Dans cet article, Didier Boos nous raconte l’histoire de ses origines et de l’expérience d’implantation d’hydrangeas dans les Alpes dont il fut le maître d’œuvre de 2014 à 2020 :

Historique : Une affaire de famille

La famille de ma mère est originaire du village de Venosc situé au pied de la station des 2Alpes en Isère. Mon arrière-grand-père, colporteur-fleuriste comme beaucoup de venoscains, est venu s’installer en Anjou à la fin du 19ème siècle afin de créer sa propre pépinière. Il a conservé longtemps à Venosc une maison familiale, et les membres de la famille y passaient régulièrement des vacances. Lors de ses visites, mon grand-père et son gendre (lui aussi producteur pépiniériste) ont distribué à leurss proches des hortensias qui ont réussi à s’acclimater au fil des ans. On pourra noter que des variétés dites difficiles (Merveille ou Chaperon rouge) ont passé avec succès l’examen du temps qui passe et du temps qu’il fait.

 

 

 

 

 

 

Il y a 10 ans environ, mon cousin, l’actuel Maire de la commune, m’a demandé si l’on pouvait imaginer une campagne d’ implantations successives à Venosc bien sûr (900 à 1000m d’altitude) , mais aussi à la station des 2Alpes (1650m) .L’idée était de conserver à la commune une identité liée à l’horticulture et au commerce historique des colporteurs fleuristes ; le village est très fleuri en été.

Calendrier :

30 Octobre 2014 : Définition des massifs potentiels et relevés (photos) Les travaux d’implantation seront effectués par les services communaux, qui sont très « généralistes » et plus habitués aux « gros travaux » de déneigement, entretien des routes etc.. qu’aux petites plantations ; toutefois tous sont de bonne volonté et de bons conseils.

 

 

 

 

 

Les écueils évoqués sont : projection de neige salée pendant l’hiver, difficultés d’arrosage pendant l’été( tonne mobile ), touristes et/ou skieurs indélicats, et bien sur les rigueurs du climat .

31 Mars 2015 : Offres des entreprises de HW² contactées et d’accord pour cette collaboration qui leur permettra de tester en condition difficiles certaines variétés réputées résistantes en plaine.

30 avril 2015 : Premières implantations au printemps afin de donner aux plantes un temps d’acclimatation plus long que si elles avaient plantées à l’automne.

 

 

 

 

 

Pierre Balme, maire de Venosc-Les 2Alpes et l’équipe municipale lors des 1ères plantations. Pour beaucoup d’entre elles, elles sortent de chambre froide et sont encore en arrêt végétatif, néanmoins le temps est frais/froid, et il faut les couvrir en urgence avec des toiles P17.

Les macrophylla sont plantés de préférence à Venosc , mais aussi à la station ; les paniculata et les arborescens à la station ainsi que quelques quercifolias . On espère que les macrophylla après quelques années en place , auront produit suffisamment de bois et finiront par fleurir sur leurs boutons axillaires, ou sinon disposeront de suffisamment de boutons à fleurs dans le cœur du buisson .

11 Aout 2015 : Premières photos : dans l’ensemble toutes les plantes se portent bien sauf celles plantées dans des « zones extrêmes » : talus , soleil, etc… et qui souffrent .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20 février 2016 : Projet de 2ème implantation soumise aux responsables de la commune : compléter les « manques » et implanter de nouveaux massifs.

02 Mai 2016 : Observation des massifs en place : malgré les paillages effectués, les macrophylla ont perdu beaucoup de bourgeons terminaux mais les plantes sont bien vivantes . Implantations des nouveaux massifs. (Ce 1er mai, il aura neigé en Haute Loire, le temps n’est guère meilleur en Isère)

08 Aout 2016,  visite des sites implantés : bons résultats dans l’ensemble ; on note néanmoins que les variétés de paniculata sont trop tardives et, en fonction de la saisonnalité, fleurissent en retard par rapport à la présence des touristes de l’été

 

 

 

 

 

 

20 Septembre 2016 : Projet d’implantation complémentaire à la Station des 2Alpes pour le printemps 2017 près d’un restaurant ; choix de paniculata hâtifs .

 

 

 

Mai 2017 : Implantation du massif par les équipes de la commune.

 

 

 

 

 

Juillet 2019 : Dépôt de nouvelles plantes-test pour compléter les massifs et visite des différents sites.

 

 

 

 

 

 

 

 

Juillet 2020 : Visite des différents sites.

 

 

 

 

2021 : à suivre…

 

 

 

 

 

 

 

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Le jardin  d’Anne et Ben Lamboo à Candé :
 Le parc d’Evelyne de Pontbriand, Domaine de Closel :
 
  Le jardin d’Yves Le Guennec :
 Le jardin de Renée Monnier :
 Le jardin de Nicole et Christian Peltier :
 Le jardin de Marcel Muscat :
 L’Azara serrata du jardin d’Isabelle du Peloux :
 Voici Abutilon vitifolium du jardin de notre président d’honneur, Jean-Louis de la Celle :
 
 Et une vue estivale du même jardin :
 Et pour clore cette série du printemps des échanges, des photos  de Mme Lepain :
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Nous pouvons choisir de travailler  dans nos jardins sans utiliser de produits chimiques, mais en fait, les plantes dépendent de la chimie pour réaliser leur cycle de vie comme tous les êtres vivants.

Le monde vivant est un gigantesque bricolage chimique, incroyablement complexe qui évolue depuis 3 à 4 milliards d’années. Lorsque nous jardinons, nous jouons avec un gigantesque jeu de « Lego ». Mais cette incroyable complexité fait que la compréhension du fonctionnement de la plante n’est pas une chose aisée. De nombreux facteurs environnementaux interviennent dans le déroulement de la vie d’une plante. Seules des expériences en laboratoire peuvent arriver à déterminer des paramètres précis, alors que dans nos jardins c’est presque la roulette russe, t°, humidité, composition du sol, ensoleillement, écarts de température, faune du sol,…et peut-être l’humeur du jardinier ou de la jardinière ont une interaction sur l’importance de nos récoltes sans oublier l’eau qui est l’alpha et l’oméga de tout ce qui se déroule dans la plante.

Cette difficulté de compréhension de ces phénomènes a fait émerger des croyances ou recettes de grand-mère, notamment sur l’action de la lune. Celle-ci ayant une action par les forces de marée, il faudrait semer en lune montante et planter en lune descendante, mais alors que penser des maraîchers qui sèment et plantent suivant un planning de production lié aux ventes ? Même si vous êtes des aficionados du jardinage suivant les phases de la lune, pensez- à ceux qui ne jardinent que le weekend et encore pas tous les weekend. Autre problème : la météo, car partant du principe que les pluies, gels ou sécheresses sont des phénomènes plus puissants (et plus perceptibles) que les effets de la lune, je préfère établir mes semis et plantation suivant les conditions météo plutôt que le calendrier lunaire.

Mais, parole de jardinier, vous faites comme bon vous semble, personne ne vous en tiendra compte.

Et à propos de remède de grand-mère, il est bien connu que le jardinier consciencieux à l’habitude de baisser son pantalon et de s’asseoir, fesses nues, sur le sol avant de semer pour tester le confort de la future graine, mais avec le coude c’est plus rapide mais moins fiable. Par contre, avec le réchauffement climatique, nous risquons fort de subir quelques brûlures. Mais d’ici la nous aurons tous un climatiseur dans nos jardins.

 

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Mauvaises herbes, vous avez dit mauvaises ?

Pour ton bon jardinier qui se respecte, la plante qui ne se trouve pas à la bonne place se fait traiter de « mauvaise herbe ». Pourquoi mauvaise ? Parce qu’elle profite de notre travail pour se développer encore plus vite au détriment de nos fleurs et légumes.

 

 

 

Il faudrait pouvoir les déprogrammer, car la nature les a dotées d’un logiciel de vainqueur. Nos pauvres plantes sont des amatrices face à ces rouleaux compresseurs.

Imaginez : le mouron à un cycle de seulement sept semaines et peut donner jusqu’à 15 millions de plantes par an.

Le jour où nous pourrons les dresser n’est pas encore arrivé, pourtant j’aimerai bien être le jardinier qui « murmure à l’oreille des mauvaises herbes »

Mais que savez-vous réellement de ces envahisseuses ?

Voici quelques raisons de ne pas les éradiquer :

Elles augmentent la diversité, renseignent sur la nature et la qualité du sol, forment une couverture protectrice du sol, améliorent la structure du sol, fournissent du nectar aux papillons  aux abeilles et autres syrphes, nourrissent les coléoptères, et … décorent.

 

« Qu’est-ce donc qu‘une mauvaise herbe, sinon une plante dont on n’a pas encore découvert les vertus ? » (Emerson)

Je suis sûr que maintenant vous réfléchirez bien avant d’arracher votre prochaine mauvaise herbe.

 

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Que l’on soit jardinier ou non, la météo reste un sujet de discussion de haute importance. Mais pour nous jardiniers, cela devient un sujet de préoccupation permanent : gelée tardive, canicule, sécheresse etc… sont des calamités redoutées qui nous font oublier  les bons moments passés dans nos jardins comme les belles journées de printemps, les petites pluies bienfaisantes, les belles lumières d’automne etc…, où nous travaillons le cœur guilleret. Mais voilà que le climat changerait ? Nos jardins sont-ils le reflet de ce changement irrémédiable que les scientifiques nous annoncent ?

Mon grand-père cultivait choux, carottes, poireaux, pommes de terre et bien que ces légumes soient toujours appréciés aujourd’hui, nous avons  vu apparaître dans nos jardins, courgettes, concombres, patates douces et poivrons. L’évolution s’est faite sans que l’on s’en aperçoive vraiment et de plus, nous importons des plantes du monde entier, celles-ci n’étant pas toujours adaptées à notre climat, mais celui-ci deviendra peut-être demain leur climat.

Mon grand-père pestait contre les doryphores, les pucerons, les piérides, et autres indésirables. Aujourd’hui, s’il était encore là, je lui parlerai en plus de la pyrale du buis, de la mouche suzukii, du frelon asiatique, du hanneton japonais, du capricorne asiatique, de la mineuse du poireau et de la punaise diabolique.

S’adapter est devenu le maître mot du jardinier du XXIème siècle.

En conclusion, je vous laisse méditer cette phrase de Gilles Clément :

« Le jardin ne s’enseigne pas, il est l’enseignant ».

 

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