22/04/2019
  • Société d'Horticulture d'Angers
Samedi 13 avril 2019

Cette conférence nous a été présentée par Thomas Rouillard, attaché de conservation au muséum d’histoire naturelle d’Angers.

Nous le remercions pour cette conférence très détaillée et fort intéressante sur la vie des deux frères, Aristide Aubert  et Louis Marie Aubert Dupetit Thouars nés au XVIIIème siècle, le premier ayant passé à la postérité pour des faits de guerre et le deuxième étant devenu célèbre pour son travail de botaniste.

Voici quelques éléments de cette conférence :

Aristide Aubert

En 1636, la famille Aubert de Saint-Georges a acquis la terre du Petit-Thouars, située à Saint-Germain-en-Vienne. Ensuite, après une carrière militaire réussie, Georges III Aubert de Saint-Georges du Petit-Thouars devient lieutenant du roi à Saumur ainsi que commandant du château, de la ville et du pays saumurois. Son fils, Georges IV lui succèdera à ses postes en 1754. Ses neveux, Louis Marie Aubert et Aristide Aubert naissent au château de Boumois (Saint-Martin-de-la-Place), Aristide naîtra le 31 août 1760. Si le premier frère devient un naturaliste réputé, le second choisit lui une voie militaire et ira à 9 ans à l’école militaire de La Flèche. Aristide Aubert du Petit-Thouars est passionné par les aventures en mer et rêve de se faire embaucher comme mousse. Mais c’est son frère, le botaniste, qui partira sur l’expédition de La Pérouse en 1785. Aristide participera à la guerre d’indépendance américaine.

Pas une vie facile pour Aristide

En 1791, Aristide décide d’armer un navire pour partir à la recherche de La Pérouse, sur des fonds octroyés par Louis XVI. C’est un brick de 12 canons, Le Diligent, qui sera affrété le 2 août 1792. Malheureusement, l’objectif de l’expédition ne sera jamais rempli, c’est à dire que jamais il ne retrouvera La Pérouse. Cependant, au Cap-Vert, il trouvera un équipage d’une quarantaine de portugais mourant de faim qu’il décide de sauver en les transportant sur une autre île, leur donnant une très grande partie de ses vivres. Une maladie décimera le tiers de son équipage. Parti chercher du secours au Brésil, il échouera à Recife. Mais les portugais (occupant du Brésil) qui se méfiaient des événements révolutionnaires en France, arrêteront Aristide pour l’emprisonner. Au bout de plusieurs mois, il sera libéré mais du fait de la Révolution française et de son statut d’aristocrate, il ne pourra pas revenir en France. Il décide d’ailleurs de changer son nom en Dupetit-Thouars, abandonnant sa particule. Il s’exilera pendant 3 ans en Amérique du Nord en attendant que les choses se calment en France.

La bataille d’Aboukir

Il regagne ensuite la France où il est réintégré dans la marine. En 1796, il devient chef de division et prend le commandement du Tonnant en mai 1798, un vaisseau de 80 canons de l’escadre de Bonaparte, avec laquelle il participera à l’expédition d’Egypte. Plus tard, quand l’armée française débarque en Egypte, la flotte française reste en mouillage dans la rade d’Aboukir, contre les conseils de Dupetit-Thouars. Le 1er août 1798, ils sont pris en nasse entre les bateaux anglais de l’amiral Nelson et la rade d’Aboukir. La position est désespérée face aux coups de canons de la flotte impériale. Le Tonnant affrontera seul 3 vaisseaux anglais, avant de mettre d’abord hors d’état le HMS Majestic et le HMS Bellerophon, et avant qu’une nouvelle flotte n’arrive contre ce bateau. Les combats sont très violents. Le Tonnant est l’un des seuls bateaux encore debout, tant la flotte française est décimée. Il est cerné par 4 bâtiments anglais. Puis, c’est le drame. Un boulet de canon emporte le bras d’Aristide. Mais ce dernier refuse de quitter le navire. Il reprend le commandement avant qu’un boulet ne lui emporte les deux jambes. Il s’installe donc dans un baril pour lancer ses ordres, mais perdant trop de sang, sa vie le quitte. Avant de mourir, il aura simplement le temps de donner un dernier ordre à ses hommes « Equipage du Tonnant, n’amène jamais ton pavillon » (ne te rend jamais). Son corps sera balancé à l’eau selon son désir, avant que le Tonnant ne parvienne à s’éclipser de nuit, pour avoir l’honneur sauf et ne pas à avoir à signer de reddition. Le vaisseau s’échouera sur une plage égyptienne quelques milles plus loin, et les britaniques le retrouveront abandonné, avant de l’incorporer à leur flotte. Il sera rebaptisé HMS Tonnant et combattra sous les ordres de Nelson à Trafalgar. On raconte même que c’est sur ce bateau que l’hymne américain « The Star-Spangled Banner » aurait été écrit par l’américain Francis Scott Key le 14 septembre 1814. Ce bateau fera également partie du convoi britannique amenant Napoléon à Sainte-Hélène, pour sa dernière aventure.

Hommage à Dupetit-Thouars

Aujourd’hui, en l’honneur du héros saumurois, une place et une rue à son nom se trouvent dans la ville de Saumur. Une rue Dupetit-Thouars se situe également à Paris, Lille et Angers. Un monument avec une statue en pied d’Aristide Dupetit-Thouars, sculptée par Albert Jouanneault, est située place du Petit-Thouars à Saumur,. Elle a été inaugurée par le Ministre Georges Leygue en 1933. Un monument sur la stratégie du Tonnant, sculptée par Alfred Benon, a été inaugurée à Saint-Martin-de-la-Place en 1931.
De plus, la marine nationale française lui a rendu hommage à maintes reprises, en donnant son nom à 6 bateaux depuis 1799, qui ne sont tous plus sur les eaux.
En 2023, un sous-marin d’attaque nucléaire portera le nom Dupetit-Thouars.

 

Louis-Marie Aubert

Louis-Marie Aubert le botaniste

Louis-Marie Aubert du Petit-Thouars naît le 5 novembre 1758 au château de Boumais à St Martin de la Place. Il entre à l’école militaire de La Flèche, puis se consacre ensuite à l’étude de la botanique, initié par Dolomieu. En 1792, il s’associe à son frère qui organise une expédition pour retrouver La Pérouse. Le départ de Brest est un échec, son frère met à la voile sans l’attendre car il est menacé d’arrestation. Il le rejoint à l’Île de France (Île Maurice) après de nombreuses péripéties. Il y passe plusieurs années durant lesquelles il recueille des matériaux sur le règne végétal et il ne reverra plus jamais son frère. Durant cette période il séjourne aussi quelques mois à l’île Bourbon (La Réunion) et l’île de Madagascar. Il revient en France en 1802 avec un herbier de 2 000 plantes exotiques. Rentré en France en 1802, il est nommé directeur de la pépinière du Roule et continue ses travaux, notamment en physiologie végétale.

Louis-Marie Aubert Dupetit-Thouars publie plusieurs écrits sur la botanique et l’agriculture, dont :

  • Dissertation sur l’enchainement des êtres, 1788 ;
  • Histoire des végétaux recueillis dans les îles de France, de Bourbon et de Madagascar, 1804 ;
  • Essai sur la végétation considérée dans le développement des bourgeons, 1809 ;
  • Mélanges de botanique et de voyages, 1809 ;
  • Cours de botanique appliquée aux productions végétales, 1815 (ouvrage inachevé) ;
  • Verger français, 1817 ;
  • Cours de physiologie ou de botanique générale, 1819-1820 ;
  • Flore des îles australes de l’Afrique, 1822.

La pépinière sera fermée en 1827 et Il meurt le 12 mai 1831 à Paris pauvre et isolé.

 

 

 

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