25/03/2020
  • Société d'Horticulture d'Angers
Famille des Rubiaceae

Atrabine, chloroquine et primaquine sont des mots qui nous sont devenus familiers suite à la pandémie de coronavirus. Mais avant la découverte de ces substituts de synthèse contre la malaria (de l’italien mala aria, « mauvaise mine »), un produit naturel était utilisé contre ces fièvres transmises par le moustique du genre Anophèles : la quinine. Cet alcaloïde est un tonique naturel largement utilisé comme antipaludéen. Même si la molécule a été synthétisée pendant la deuxième guerre mondiale, le quinquina resta la source de quinine la plus économique. Mais d’où provient cet alcaloïde ?

Le quinquina est issu de l’écorce* d’arbres du genre Cinchona originaires des Andes, du Pérou à la Bolivie, aux feuilles toujours vertes, stipulées. Les fleurs en panicules terminales, blanches, rosées,rouges, ont une corolle hypocratériforme à cinq lobes. Le fruit est une capsule. La taille de l’arbre peut varier de 5 à 15 mètres.

Il existe plusieurs espèces du genre Cinchona:

  • Cinchona officinalis, ou quinquina, donne des écorces brunes. feuilles lancéolées ovoïdes, luisantes ; fleurs roses.
  • Cinchona calisaya ou quinquina jaune, donne les écorces jaunes ; feuilles oblongues, acuminées ; fleurs roses.
  • Cinchona siccirubra ou quinquina rouge, donne les écorces rouges ; feuilles larges, fleurs roses.
  • Cinchona ledgeriana : feuilles cunéiformes à la base ; fleurs jaunâtres ; est un hybride entre C. calisaya et C. succirubra.

Cette dernière espèce est riche en quinine – entre 10 et 13% – Le mot ledgenaria vient de Charles Ledger qui en 1865 vivait près du lac Titicaca et avait envoyé quelques graines de cette espèce à son frère en Angleterre (les Anglais ont décliné l’offre laissant ainsi le monopole de la quinine aux Hollandais).

*On récolte l’écorce du quinquina lorsque l’arbre atteint une douzaine d’année. Ceux-ci sont parfois recépés. Il existe une méthode évitant l’abattage : le moussage qui consiste à décoller l’écorce dans le sens de la longueur, puis à panser les plaies avec de la mousse. Au début, le déboisement menaça l’espèce, à tel point que l’on du recourir à la culture, spécialement dans les Indes hollandaises.

 

 

La quinine fut un des premiers alcaloïdes a être isolé (Pelletier et Caventou en 1822 ; la morphine l’avait déjà été en 1806), mais une synthèse commerciale utilisable n’a jamais été obtenue. On proposa par contre des succédanés, tels que certains colorants d’acridine (atébrine) ou la plasmaquine, plus efficace contre les formes sexuées du parasite de la fièvre tierce maligne. Pendant la guerre de 1939-1944, on prépara en Angleterre un remède connu sous le nom de « Paludrina » ou « Palusil », très efficace, dépourvu des effets gênants de la quinine tels que les bourdonnements d’oreille, et très bon marché.

 

Formule de la quinine

 

et pour en savoir plus sur l’histoire de la quinine cliquez sur le lien ci-dessous :

Histoire du quina

 

 

 

 

 

 

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