Les plantes du mois

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« Celui qui trace un jardin ne devrait jamais oublier d’y mettre un seringat (ou seringa) (Philadelphus coronarius)». Le Philadelphus* est cultivé depuis toujours dans tous les vieux jardins campagnards ou citadins. Le seringat, s’il n’avait aucune prétention ornementale, embaumait le voisinage au moment de la floraison.

 Pour les botanistes, le seringat (on écrit aussi seringa) appartient au  genre Philadelphus (famille des Hydrangéacées), qui compte une quarantaine d’espèces d’arbustes, tous originaires des régions tempérées de l’Hémisphère Nord., où ils poussent sur les collines rocailleuses de la Yougoslavie à la Chine et en Amérique du Nord. Il existe aussi une espèce originaire d’Amérique centrale, Philadelphus mexicanus, la seule qui présente une certaine sensibilité au gel. Les feuilles grandes, opposées, ovales et dentées ne sont peut-être pas décoratives, mais les fleurs en grappes peu touffues, d’un blanc laiteux, à quatre pétales obtus et aux nombreuses étamines répandent un parfum très fort, mais très doux, de fleur d’oranger.

Aujourd’hui, il existe de nombreux hybrides dont des hybrides à fleurs doubles moins odorants que ceux à fleurs simples mais à valeur décorative plus intéressante. Leur croissance est rapide, ils sont très rustiques et s’adaptent à la plupart des terrains. La diversité de leur taille et de leur port permet de les utiliser tant en culture isolée que dans un massif, une haie libre et aussi en jardinière ou en bac sur une terrasse.

 

 

 

  • quelques notes historiques :

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Yves Le Guennec vous propose ce mois-ci un article sur le Prunus incisa ‘Frilly frock’:

 » La première fois que mon oeil fut attiré par ce petit prunus, c’était à la dernière fête des plantes de Courson.

‘Frilly Frock’ fait partie de l’espèce Incisa. Sa feuille est dentée, sa longueur atteint les douze centimètres. La nouveauté c’est qu’elle est marginée de jaune. A l’automne, elle devient jaune-orangé.

En mars-avril, l’arbuste se couvre de fleurs blanc rosé. Ce printemps j’ai compté 3 semaines de floraison.

‘Frilly Frock’ est une mutation naturelle de ‘Snow Fountain’. Il a comme lui, le port pleureur, les branches atteignant le sol. Les plantes que l’on  trouve dans le commerce sont en général greffées sur une tige d’environ un mètre.

Prunus incisa ‘Frilly Frock’ peut être planté dans de petits jardins, sur les terrasses, voire en pot.

Comme les cerisiers, il craint l’excès de calcaire. Pour le reste, regardez autour de vous, si vous voyez des cerisiers à fleurs ou à fruits, vous pouvez apporter une touche de Japon à votre jardin, de plus, vous serez original car ‘Frilly Frock ne se rencontre pas fréquemment.

Yves Le Guennec »

 

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Ce mois-ci, Yves Le Guennec vous propose de faire connaissance avec Ceanothus arboreus ‘Trewinthen Blue’. Le nom vernaculaire du genre Ceanothus, est lilas de Californie. L’espèce arboreus est une espèce endémique des îles du Pacifique bordant la région de Los Angeles. Son port fait plus penser à un petit arbre qu’à un arbuste. Sa hauteur dans de bonnes conditions peut atteindre les 5 mètres. Dans nos régions, à l’abri d’un mur, il peut atteindre 2,5 m de hauteur. Il est possible de tailler les branches en été pour garder un ensemble fourni et éviter que la base ne se dégarnisse pas trop. Une taille régulière sera préférable à une taille trop sévère.

Les feuilles persistantes sont larges de 3 cm sur 5 cm de long. Elles sont d’un beau vert. Certains Céanothes ont des feuilles dont le pourtour est épineux, ce n’est pas le cas de la variété Arboreus. Les fleurs sont en grosses thyrses bleu soutenu, légèrement parfumées. La plante est mellifère. En 2019, la floraison était à son apogée fin mars sur la côte bretonne. Il peut y avoir une légère remontée de floraison en septembre. Le Céanothe n’aime pas les terrains humides, surtout en hiver. En terrain calcaire, le feuillage devient jaunâtre. Le Ceanothus arboreus résiste bien aux embruns, mais peut craindre les grands vents. Il résiste à -7°C quand il a les pieds au sec. Il est préférable de l’utiliser en isolé qu’en haie fleurie.

La variété ‘ Trewinthen blue’ est une sélection du jardin de Cornouailles en Angleterre. Il est probable que les plantes que l’on trouve à la vente chez nous, sont issues de ce même clone. Elle se multiplie assez facilement par bouturage en septembre.

 

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Pterostyrax hispida ou arbre aux épaulettes, est originaire des pentes boisées de Chine et du Japon. Son nom vient du grec ancien  ‘pteron’ (aile) et ‘Stùrax’ (résine, baume) et du latin hispidus (hérissé de poils) , la famille des Styracaceae étant connue pour ses espèces à résine telle que Styrax officinalis, produisant le ‘benjoin’. Ce petit arbre est appelé ‘arbre aux épaulettes’, pour la similitude entre la forme des fleurs et les épaulettes ornant certains uniformes. Le Pterostyrax hispida, introduit au Royaume-Uni en 1875, a été primé en 1993 par la Société Royale d’Horticulture en lui décernant un Award of Garden Merit.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce petit arbre ( 5 à 7 m de haut) est de culture facile, le bois est gris-brun avec une écorce parfumée. Le feuillage caduc prend de belles teintes automnales jaune-vert. Le fruits côtelés en forme de fuseau, persistent sur le bois dénudé tout l’hiver. A noter qu’il faut quelques années de patience avant de profiter d’une généreuse floraison.  Ce petit arbre est de culture facile, assez accommodant quant à la nature du sol, se satisfaisant d’une exposition ensoleillée ou partiellement ombragée. Les fruits, très décoratifs, peuvent être utilisés pour la création de bouquets secs. A découvrir absolument!

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Le genre  Garrya constitue un genre unique, riche de 13 à 15 espèces d’arbustes persistants. Ils sont originaires de l’ouest des États-Unis et d’Amérique centrale. Le nom Garrya a été donné par son « inventeur » David Douglas en l’honneur de Nicholas Garry, qui fut le secrétaire de la Compagnie de la Baie de Hudson. Celui-ci adressa durant des années, les graines de toutes ses nouvelles découvertes à la Société d’horticulture de Londres.

L’espèce Garrya elliptica fut introduite en France, au jardin des plantes de Paris, entre 1876 et 1884. Il est reconnaissable à son feuillage persistant, vert foncé dessus, gris et duveteux dessous. Son intérêt ornemental s’accroît au milieu de l’hiver quand ses longs chatons pendants de 20 à 25 cm de long viennent compléter son allure

Il s’agit d’une espèce dioïque : les fleurs mâles et femelles ne sont pas sur le même sujet

 

 

fleurs mâles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’arbuste forme un buisson dense à port irrégulier de 2 à 3 m de haut. Le feuillage rappelle celui du chêne vert. Les pieds femelles après fécondation présentent des grappes serrées de petites baies vertes virant au noir à maturité.

 

Différentes feuilles en fonction des espèces.

 

 

 

 

 

 

https://www.pepinieres-minier.fr/produit/garrya-elliptica-james-roof

 

 

 

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Le ginkgo (Ginkgo biloba) est un arbre magnifique, mesurant 25 à 30 mètres de hauteur. Rescapé de nombreuses essences qui prospéraient dans le monde entier, à la fin de l’ère primaire et qui avaient disparu depuis, il constitue un véritable fossile vivant.

Pour en savoir plus sur cet arbre, cliquez sur les liens ci-dessous:

Ginkgo biloba

Quelques variétés de Ginkgo

 

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Dans le langage courant, les espèces du genre Acacia prennent selon les cas l’appellation d’acacia, cassier, mimosa, mulga ou encore tamarin. Ce que l’on appelle mimosa (qui fleurit en début d’année) ne fait pas partie du genre Mimosa (avec pour représentant Mimosa pudica ou sensitive), mais du genre Acacia qui appartient à la famille des Fabaceae. Le nom acacia vient du mot grec ‘akis’ signifiant pointe ou épine car de nombreuses espèces du genre ont des rameaux épineux. Mais revenons à notre mimosa (des fleuristes): son vrai nom est Acacia dealbata et est originaire d’Australie et de Tasmanie. Quelques rameaux fleuris furent ramenés par J. Banks et D. Solender à la suite du premier voyage de Cook. C’est le navigateur français Nicolas Baudin qui ramènera les premiers plants en Europe au XIXème siècle.

Il se présente sous forme d’arbre avec une croissance rapide. Sa  floraison pendant l’hiver et son feuillage persistant décoratif sont d’un grand intérêt pour tous les jardins de climat doux. Ses fleurs sont des inflorescences en glomérules . Son parfum est utilisé en parfumerie. Il est sensible au gel et n’aime pas les sols calcaires.

Les graines se conservent très longtemps (plus de 10 ans au sec). Il faut les faire tremper pendant 12 heures à l’avance afin qu’elles lèvent régulièrement, sinon elles ont tendance à lever les unes après les autres. Les passer au papier de verre accélère la germination. Après la levée, les plantules poussent vite et on peut espérer une première floraison en moins de 3 ans. Mais les variétés cultivées ne sont pas fidèles de semis : elles sont propagées par greffe ou pour quelques-uns seulement par bouture.

FEUILLES

FRUITS

 

 

 

 

 

 

 

Les ‘mimosas’ sont des plantes invasives par leurs drageons. Les variétés greffées sur Acacia retinodes supportent les sols calcaires et ne drageonnent pas. On a recensé plus de 1000 espèces de mimosas dans le monde, en Australie bien sûr, mais aussi en Amérique du sud et en Asie. Les plus belles variétés sont en général des hybrides d’Acacia dealbata et baileyana.

Mimosas de semis pour sol calcaire:

Acacia saligna : port très retombant, peu drageonnant, gros glomérules jaunes soufre en feu d’artifice, floraison mars-avril, dimension: 4×4 m.

 

 

Acacia retinodes : petites fleurs très parfumées, feuilles longues non découpées et persistantes (phyllodes). Il fleurit presque toute l’année. C’est un arbuste d’environ 3m de haut assez rustique ( jusqu’à -7°C) et il ne drageonne pas.

 

 

Acacia longifolia : épis floraux de 5 cm de long, feuillage persistant, Phyllodes ± longues selon les variétés. Il résiste jusqu’à -5°C et demande un sol bien drainé. La floraison a lieu de la fin de l’hiver au début de l’été. Il peut mesurer 4m de haut.

 

 

Grandes espèces :

Acacia dealbata : floraison en hiver (février-mars). C’est un grand arbre de 3 à 12 m de haut, voire 20m dans son habitat naturel. La floraison forme de grosses grappes parfumées et les feuilles persistantes sont découpées et d’une teinte bleu-vert. Il ne supporte pas les sols calcaires et est semi-rustique (jusqu’à -12°C). Il grossit vite et drageonne beaucoup: attention aux murs et dallages!

 

 

 

Acacia baileyana : Il fleurit en hiver et peut atteindre 8m et a un port général retombant. Il résiste à-10°C pour de courtes durées.La floraison forme des boules d’or. Feuillage bleu-gris persistant.

 

 

 

Acacia howitii : La floraison est tardive en mars-avril-mai. Il peut atteindre 5 m et résiste à – 5°C / -7°C. Il aime les sols neutres ou peu acides. La floraison forme de petits glomérules jaune-citron. Feuillage persistant.

 

 

Acacia pycnantha : Le port est érigé ( 4m) et la floraison a lieu en mars-avril avec des glomérules jaune or. Le feuillage est persistant. Il ne supporte pas les sols calcaires et nécéssite un sol drainé.

 

Petites espèces adaptées à la culture en pot:

Acacia cardiophylla : Il est assez rustique (jusqu’à -10°C). Son port est retombant et élégant. La floraison est très abondante de février à avril avec des fleurs jaune foncé.

 

 

Acacia podalyriifolia : c’est l’un des plus précoces: la floraison a lieu de novembre à janvier avec des glomérules jaune-citron. Il résiste à -5/-7°C.

 

 

Acacia aspera : C’est un arbuste buissonnant légèrement retombant, plus large que haut. C’est un petit mimosa de 1.5 à 2 m de haut. La floraison a lieu de janvier à mars avec des glomérules jaune vif. Les feuilles sont douces et soyeuses.

 

 

 

Acacia drummondii :

Arbuste adapté à la culture en pots (1 à 1.5 m de haut). La floraison à lieu vers mars-avril avec de beaux épis jaunes.

 

 

 

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Koelreuteria bipinnata fait partie de la famille des Sapindacées. Il aurait les mêmes vertus que son cousin Sapindus mukorossi comme savon végétal. Son nom quelque peu barbare rend hommage au botaniste allemand Koelreuter. Il fut introduit d’Asie en Europe au XVIIIème siècle. Nous trouvons deux espèces sous nos climats : le paniculata et le bipinnata. Les deux ont une floraison estivale remarquable. Des panicules de fleurs viennent orner l’espèce paniculata au mois de juillet. Sur Angers, nous pouvons admirer de belles plantations place de l’académie près du château et boulevard Henri Dunand à Montplaisir. Les feuilles sont composées, vert clair puis jaunes à l’automne. Les fruits , sous forme de capsules, se forment à l’automne sont de couleur marron brun. Le bipinnata fleurit plus tard dans l’été. Les fleurs sont aussi jaunes mais avec une pointe de rouge à la base. Ce sont les fruits qui rendent ce petit arbre remarquable courant septembre. Ils couvrent la cime de capsules rose soutenu.

Du fait que Koelreuteria bipinnata ne dépasse pas 15 mètres, qu’il supporte bien la sécheresse, la pollution et presque tous les types de terrains, il peut être l’hôte de votre jardin, surtout qu’il est mellifère.

 

 

 

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Tilia Henryana  doit son nom à l’explorateur et sinologue irlandais Augustine Henry qui l’observa dans son pays d’origine : la Chine. La plante fut introduite en Europe au début du 20ème siècle par Wilson. Des graines furent expédiées à Kew Gardens en 1934 en provenance de Chine.

Dans son pays d’origine, Tilia Henryana atteint les 25 mètres. En Europe, il dépasse rarement les 10 mètres. Il est donc très intéressant pour les propriétaires de petits jardins voulant planter un tilleul. Son port est plutôt étalé, il aime les sols drainants et craint les sols humides en hiver. Il est rustique, mais craint les gelées tardives sur les jeunes pousses. Son écorce est grise et les jeunes rameaux sont duveteux. Les feuilles en forme de cœur sont remarquables. Les nervures sont épaisses et la bordure se compose de dents très longues et très esthétiques. Elles sont rose cuivré au débourrement, puis vert brillant dessus et grises dessous pour finir jaunes à l’automne. Le pétiole mesure de 3 à 5 cm de long. La floraison, très parfumée, se compose de corymbes pendantes de fleurs blanc crème à partir du mois d’août. Tilia henryana est très mellifère et supporte bien la taille. Il existe une sélection avec les jeunes pousses plus rouges appelée Tilia henryana ‘Arnold Select’. La plupart des plantes vendues dans le commerce sont des plantes greffées, ce qui leur donne plus de vigueur.

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Trois pommes ont changé la monde: celle qu’Ève donna à Adam, celle qui tomba sur la tête de Newton et enfin celle que croqua Steve Jobs. Mais une quatrième, la vraie, celle des origines pourrait être d’un apport fondamental pour l’arboriculture: il s’agit de Malus sieversii, espèce décrite par Johann August Carl Sievers en 1796 lors d’une expédition au Kazakhstan. Décédé prématurément à 33 ans, son travail fut repris par Carl Friedrich von Ledebour 30 ans plus tard.

Ce ne sera qu’en 1929 que le botaniste Nikolaï Vavilov redécouvrira les pommiers sauvages de la province d’Almaty dans le massif du Tian Shan où ils évoluaient en complet isolement piégés par la formation des montagnes du Tian Shan.

Pendant des milliers d’années, les ours furent les propagateurs et sélectionneurs de milliers de variété de ce pommier sauvage  en sélectionnant les fruits les plus gros et les plus sucrés, puis répandant les graines par leurs déjections au fur et à mesure de leurs déplacements.

 

 

Malheureusement, Nicolaï Vavilov fut victime des purges staliniennes. Son travail fut repris par l’agronome Aymak Djangaliev et ce n’est qu’après 1989 ( chute du mur de Berlin) que les travaux du généticien Barrie Juniper ( université d’Oxford-2002) ont démontré que Malus sieviersii est à l’origine de toutes les pommes cultivées. Théorie qui fut confirmée en 2009.

 

 

La capacité des différentes variétés de Malus siviersii à résister aux  maladies des pommes modernes, permet d’espérer pouvoir utiliser ces propriétés pour se passer dans le futur des pesticides.

Catherine Peix ( réalisatrice et ancienne professeur de biologie) a pu rencontrer Aymak Djangaliev avant qu’il ne décède en 2009. Elle a entrepris de continuer son travail de protection des forêts fruitières sauvages et est à l’origine d’une association de protection du Malus siviersii- (association ALMA). En 2010 a été créé le parc national de Zhongar-Alatau pour protéger les fruitières existantes, celles-ci ayant perdu 70% de leur surface ( déforestation sauvage, urbanisation…)

 

Pour en savoir plus:

http://www.originedelapomme.com/

Carnet de voyage-Catherine Peix-mon projet pour la planète

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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